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Formation continue à Mouang Ngoi


La motivation de ce projet : offrir des opportunités professionnelles aux jeunes relativement défavorisés de la région, de développer les talents locaux, et de créer des emplois sur place par la création d’une école de cuisine Lao. Ce projet permettrait de former quelques dizaines de jeunes à :
- la cuisine et à l’hygiène
- la maçonnerie
- l’électricité
- la ferronnerie
- la couture

Pour ces 2 derniers points, il s’agit d’une formation rapide (normalement dispensées en plusieurs mois) réalisée par des professionnels du CSD. Elle aurait lieu lors de l’édification du bâtiment qui servirait d’école de formation puis de centre de cuisine pour donner des cours aux touristes intéressés par la gastronomie Lao, très réputée autour de Luang Prabang.

Organisme formateur : le CSD

The Centre for Skill Development (centre de formation continue), établi en 1983 au Laos, a formé depuis lors quelques 20000 étudiants dans plusieurs secteurs :
- l’art de la couture
- les applications électroniques
- les installations électriques pour les bâtiments
- l’électricité appliquée aux systèmes d’air conditionné
- services relatifs à l’hôtellerie
- les soins de beauté
- cours d’administration
- commerce et comptabilité
- ordinateurs
- ferronnerie
- construction en dur
- techniques d’ébénisterie

Mr Chansouk Khampan, son directeur, nous a mis en relation avec les autorités locales qui se porteront volontaires pour nous aider dans l’acheminement du matériel et des hommes.

Participant au projet

- Benjamin Schrameck, membre honorifique de l’AFANL, et rapporteur au Laos pour l’association
- Khamko Phouthavong, du bureau provincial de Luang Prabang pour l’emploi et la sécurité sociale
- Khamdy Phetsavong, député directeur du bureau provincial de Luang Prabang pour l’emploi et la sécurité sociale
- les instructeurs du CSD
- les employés gouvernementaux

Petit rappel historique, par le directeur du CDS

le village de Mouang Ngoi faisait partie intégrante du royaume de Luang Prabang. Quoique assez éloigné, et accessible uniquement par voie fluviale, ce « département » bénéficiait d’une attention de la part du pouvoir central. Etait-ce du à la qualité des produits trouvés là-bas (parmi les meilleurs poissons du Laos, et des crevettes d’eau douce pouvant être aussi grosses que des gambas), de sa situation exceptionnelle, de la qualité de vie ?

Tout est-il que ce village disparut tout à fait durant la guerre secrète, la vallée étant écrasée littéralement sous le poids des bombes (il en reste encore beaucoup, enterrées, meurtrières). Les 500 maisons, le temple furent entièrement détruits. Durant 12 ans, les habitants vécurent dans des grottes, ne sortant le soir que pour cultiver le riz. Un tiers de la population y laissa la vie.

Après la cessation des hostilités, en 1973, le village de Mouang Ngoi fut reconstruit. Aujourd’hui, Mouang Ngoi est facilement accessible par la nationale 13 en partance pour le nord, vers la Chine. Après 120 kilomètres de route bitumée, on arrive à Nong Kiaw. C’est ensuite 1 heure de bateau pour rejoindre Mouang Ngoi Kao (Mouang Ngoi l’ancien).

Les habitants sont principalement cultivateurs (de riz), pisciculteurs et de petits artisans travaillant majoritairement le bambou et du bois local. L’arrivée depuis la fin des années 90 de voyageurs dans cette région a permis à certains de se reconvertir dans les services aux touristes (guides, restaurants, guesthouses, et même depuis peu massage et hammam).

Le développement de culture d’arbres fruitiers (orangers notamment), d’ananas, la culture de maïs (anciennement très pratiquée par les Hmong) fait partie des grands chantiers actuellement menés par le gouvernement provincial afin d’offrir à la région des subsides à des gens toujours très pauvres, et dont les besoins primaires (électricité, eau potable ou même eau tout simplement, soutien sanitaire, soutien scolaire) ne sont pas encore assurés pour de très nombreux villages autour de Mouang Ngoi.

Situation de Mouang Ngoi

400 familles et plus de 900 habitants se partagent le petit plateau sur lequel s’est bâti Mouang Ngoi, une suite de maisons faites principalement de bambous, et récemment de briques et de ciment. Des villages alentours, en voie d’extinction, se rattachent à Mouang Ngoi au fur et à mesure de leur désertification. Ce fut le cas, par exemple de Bana, un village situé à 5 kilomètres de Mouang Ngoi, qui a vu sa population de 200 habitants émigrer vers Mouang Ngoi : en dessous d’une population critique, un village ne saurait survivre.

La nuit, les générateurs au pétrole se mettent en marche, et l’on peut, durant 3h, accueillir les touristes dans les restaurants ou regarder la télévision. Mais ceci a un prix pour le village aussi bien monétaire (l’essence est à $1 le litre en 2007) que sonore (la trentaine de générateurs pollue, et leur nombre croissant ne va pas arranger les choses...)

Pourquoi Mouang Ngoi et ce projet ?

Plus de 300 jeunes n’ont pu étudié après l’école primaire, par manque de moyens généralement. Le niveau est donc relativement bas en matière d’éducation, et les perspectives pour le futur ne sont pas très réjouissantes. L’avenir du village est donc peu engageant pour ces jeunes qui ont peu de chances de pouvoir se construire.

Effectivement, les touristes viennent en masse au village, et sont de plus en plus nombreux : le bouche à oreilles, les guides touristiques recensant la région ont permis l’arrivée de près de 10000 touristes en 2006. Il est donc nécessaire d’améliorer les structures locales, et de former une partie des habitants proposant des services aux touristes (restauration, hôtellerie, agence de voyage). Il est de même nécessaire que le village se développe autour d’autres activités, artisanales celles-ci, afin de ne pas tomber dans le tourisme à outrance, ravageur car stimulateur d’une compétition qu’il n’est pas bon d’exacerber de trop.

Finalité du projet

- apporter des clés de succès pour des jeunes aujourd’hui sans avenir, qui risquent de partir de leur village pour rejoindre les faubourgs de grandes villes, sans solution autre que de vivre dans la misère,
- permettre de réduire le chômage dans des provinces essentiellement agricoles qui s’orientent vers les activités de service,
- apporter un savoir afin de créer sur place des micro-entreprises locales. Coût du projet : 10.000 USD ou 7000€

Cette estimation faite par le directeur du CSD comprend :
- matériel devant servir à la formation pour les 5 sujets de formation (2.000 USD)
- outils servant à la formation propre des 5 sujets (2.000 USD)
- Transport, rémunération des formateurs, soit environ 15 personnes sur une durée de 3 semaines, totalisant 120h de formation pour chacun des sujets répartis en 10% de théorie et 90% de pratique (3.000 USD)
- Déblocage de micro-crédits pour lancer des activités à la suite de la formation (3.000 USD)

mise en ligne le vendredi 24 août 2007 , par Ben’o’laos Ben'o'laos .


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